La frustration, un tremplin ?

Je souhaite vous parler aujourd’hui de la frustration comme d’une amie qu’il m’a été précieux de connaître. En faisant quelques recherches pour cet article, j’ai surtout vu des conseils pour s’en débarrasser, s’en prémunir ou au mieux, la gérer, pour la combattre donc, lui résister. Dommage car par rapport à un sentiment diffus tel que l’impuissance parfois éprouvée, elle invite à préciser les choses et peut ainsi devenir un bon moteur de changement qui permet des évolutions.

 

Faisons un tour par la définition : pour le Larousse, c’est une insatisfaction, une privation. Le CNRTL place son étymologie dans le latin « frustratio », action de mettre dans l’erreur, de tromper.

 

C’est donc qu’il conviendrait de trouver l’objet précis de notre insatisfaction, à séparer du sentiment qu’il nous procure, pour trouver notre besoin caché dessous ? C’est donc qu’il serait possible de s’être mis dans l’erreur ou d’avoir suivi finalement les conseils d’autres personnes et qui leur correspondaient mieux à elles ?

 

C’est dernièrement que je me suis fait la remarque que sans frustration, il m’aurait manqué des doses de visibilité et de courage pour partir d’Orléans ou apprendre un nouveau métier. J’ai regardé ce qui me manquait et dont j’avais besoin à ces différents moments de ma vie. J’avais déjà fait des choses pour pallier à mon insatisfaction et j’ai pu les évaluer en fonction de ce que je recherchais. Or, lorsque l’on sait quel besoin l’on cherche à satisfaire, il est plus facile de trouver d’autres façons d’y arriver. Et de renoncer à certains choix précédents en reconnaissant qu’ils se sont avérés infructueux même s’ils nous semblaient séduisants. Parfois d’ailleurs pour des raisons qui nous sont extérieures.

 

Il est bien sûr possible de parvenir au même résultat par d’autres voies, comme d’accorder notre écoute à d’autres sentiments liés à l’insatisfaction. Après avoir écouté et agi, la frustration n’a plus lieu d’être et souvent elle s’est même faite oublier petit à petit !